12 février 1839

« 12 février 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16337, f. 149-150], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3130, page consultée le 04 mai 2026.

XML

Bonjour, mon petit homme chéri, bonjour mon Toto. Je t’aime. J’ai déjà les petites Besancenot auprès de mon lit qui se disputent le mouton avec des cris de joie et d’envie1. Je crains bien que la queue ne reste entre leurs mains, mais j’espère que vous en aurez une de rechange ? C’est aujourd’hui le mardi gras : est-ce que vais rester toute seule, moi ? Ce sera pas très gras. Si vous veniez encore passer la soirée au coin de mon feu, je serais ravie mais vous êtes une vieille bête et surtout un vieux menteur et je vous le prouverai, tantôt. À propos de Gérard et de la représentation [de ?] [Mont-Louviers ?], je suis furieuse. Si vous croyez… hier si je vous avais tenu après avoir lu le journal je vous aurais donné une fameuse pile. Vous êtes bien heureux de ne vous être pas trouvé sous ma patte. Papa est bien i. Voime, voime, à la CHIANLIT ! Je voudrais bien vous voir en attendant. Çà, j’ai joliment besoin de vous baiser et de vous adorer. Vous seriez bien gentil et je vous pardonnerais tous vos trines si vous veniez tout de suite. Si non, NON, je vous corrigerai d’importance ne pouvant pas cesser de vous adorer.

Juliette


Notes

1 Voir la lettre précédente.


« 12 février 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16337, f. 151-152], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3130, page consultée le 04 mai 2026.

XML

Mon cher petit bien-aimé, je regrette que tu n’aies pas pu finir la soirée comme tu l’avais commencée. C’était cependant bien emmanché comme ça, et en l’honneur de l’ANNIVERSAIRE, vous auriez dû sacrifier l’INSPIRATION à l’AMOUR ! C’est bien bête à vous de ne l’avoir pas fait. Que voulez-vous que je fasse toute seule de mon genièvre, de mes truffes et de l’impertinence de Joly ? Hein ? Que diable, on n’allume pas une femme pour la laisser ensuite fumer et s’éteindre toute seule comme un lampion de la Saint-Philippe. Vous mériteriez que je retournasse ce soir au théâtre de la Renaissance où nous sommes si bien accueillisa et si bien fêtés. Justement, j’ai le costume complet et il ne tient qu’à moi d’achever ce que vous n’avez fait qu’ébaucher.
Tout cela, mon joyeux, veut dire que je t’aime outre mesure, que je regrette de n’avoir pas fini cette ravissante soirée avec toi et que je te désire de toute mon âme. Le reste, c’est de la sauce de chian-lit dont tu peux faire ce que tu voudras pourvu que tu gardes l’amour.

Juliette


Notes

1 La première nuit d’amour de Victor Hugo et de Juliette Drouet, du 16 au 17 février 1833, correspondait au mardi gras.

Notes manuscriptologiques

a « acceuillis ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle renonce définitivement à son métier et Hugo s’engage, par un mariage symbolique, à l’entretenir et ne jamais l’abandonner.

  • 1er févrierLouise Beaudoin, malade, ne peut jouer dans Ruy Blas. Juliette Drouet refuse de reprendre son rôle.
  • ÉtéLéopoldine s’éprend de Charles Vacquerie.
  • 31 août-26 octobreVoyage en Alsace, Rhénanie, Suisse et Provence.
  • Nuit du 17 au 18 novembre« Mariage » symbolique de Juliette Drouet et Victor Hugo, par lequel elle renonce à sa carrière d’actrice et reçoit l’assurance qu’il ne l’abandonnera jamais, et s’occupera de Claire.